Le populiste néerlandais a été élu politicien de l’année par les téléspectateurs de EenVandaag. Le populisme semble répondre aux inquiétudes des électeurs. Les autres partis semblent répondre par le mépris et la poursuite de la « politique politicienne ». Il est plus que temps de réagir.
Je reprends ce blog après deux ans de silence. Deux ans pendant lesquels je me suis surtout consacré à mes activités de formateur.
Un silence impossible sur le populisme européen
Mais aujourd’hui, je ne peux plus me taire : garder le silence ne serait pas une erreur, ce serait une faute.
Car ce qui m’apparaissait comme un mouvement dangereux il y a deux ans se montre aujourd’hui plus fort et plus prégnant que jamais. Ce ne sont pas seulement les scores électoraux de ces partis xénophobes et réactionnaires qui m’effraient. Ce serait plutôt la percolation de leurs idées dans les partis « mainstream« . Ce serait plutôt leur légitimité nouvelle au sein de populations déboussolées par la mondialisation, la perte du pouvoir d’achat, les attentats terroristes et l’afflux massif de réfugiés aux marches de l’Europe.
Geert Wilders, politicien préféré d’un quart des téléspectateurs
La chaîne néerlandaise EenVandaag organise chaque année un sondage pour élire le politicien de l’année. Ce n’est donc pas un jury professionel issu des médias ou du monde politique qui élit le lauréat, mais le public.
Cette année, pour la troisième fois, le public a plébiscité le populiste Geert Wilders. Il se place en tête avec 25 % des 37.000 voix, tandis que le deuxième remporte 14 % des votes. Soit près de la moitié.

Geert Wilders, leader de la droite populiste néerlandaise
Petit bémol, les jeunes ont voté majoritairement pour un élu vert, Jesse Klaver. Mais pour eux, Geert Wilders est le numéro deux.
Imaginez une seconde Marine Le Pen plébiscitée par le public d’une émission de grande audience ? C’est ce qui vient de se passer aux Pays-Bas pour un politicien dont le programme n’a rien à envier à celui du Front National. Un politicien que les médias, comme englués dans un éternel présent, prétendait mort suite aux désastreuses élections européennes.
Mais les réfugiés et les attentats européens ont relancé la popularité de Wilders et redonné un vernis de légitimité à son parti comme à d’autres en Europe.
Des partis enracinés dans le paysage, et pour longtemps
Les élections régionales françaises ont montré à quel point le Front National s’est enraciné dans la vie politique du pays, entraînant les autres formations à promouvoir ses idées, voire à les mettre en place : je pense, notamment, à la déchéance de nationalité promise aux binationaux condamnés, idée que même la droite aurait hésité à mettre en oeuvre.
Mais le FN s’est aussi enraciné dans sa vie sociale, avec ses millions de chômeurs qui n’espèrent plus rien de lendemains qui déchantent. Dans sa vie intellectuelle, avec des « penseurs » hier de gauche qui aujourd’hui flirtent avec des idées naguère méprisée. Dans sa vie religieuse avec le rejet d’une partie importante de la population française stigmatisée comme « musulmane » remplaçant le racisme anti-arabe d’hier.
Au lendemain des élections françaises, ils étaient nombreux les politiciens « traditionnels » (on ne sait plus comment les appeler tant ils se distinguent de moins en moins de leurs concurrents) à parler de « victoire à la Pyrrhus« , de situation grave, etc.
Mais dans les faits, combien seront ceux qui s’engageront dans les réformes nécessaires ? Combien écouteront les inquiétudes, les peurs, les angoisses de leurs électeurs ? Combien leur proposeront des solutions alternatives courageuses. Des alternatives qui répondent vraiment à la complexité du monde d’aujourd’hui. Et non pas des réponses simplistes pour récupérer au plus vite les voix qui se sont égarées dans des partis dont on peut croire qu’ils sont installés pour longtemps. Hélas.










