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Geert Wilders, Politicien de l’année pour les spectateurs de EenVandaag

Le populiste néerlandais a été élu politicien de l’année par les téléspectateurs de EenVandaag.  Le populisme semble répondre aux inquiétudes des électeurs.   Les autres partis semblent répondre par le mépris et la poursuite de la « politique politicienne ».  Il est plus que temps de réagir.

Je reprends ce blog après deux ans de silence.  Deux ans pendant lesquels je me suis surtout consacré à mes activités de formateur.

Un silence impossible sur le populisme européen

Mais aujourd’hui, je ne peux plus me taire : garder le silence ne serait pas une erreur, ce serait une faute.

Car ce qui m’apparaissait comme un mouvement dangereux il y a deux ans se montre aujourd’hui plus fort et plus prégnant que jamais.  Ce ne sont pas seulement les scores électoraux de ces partis xénophobes et réactionnaires qui m’effraient.  Ce serait plutôt la percolation de leurs idées dans les partis « mainstream« .  Ce serait plutôt leur légitimité nouvelle au sein de populations déboussolées par la mondialisation, la perte du pouvoir d’achat, les attentats terroristes et l’afflux massif de réfugiés aux marches de l’Europe.

Geert Wilders, politicien préféré d’un quart des téléspectateurs

La chaîne néerlandaise EenVandaag organise chaque année un sondage pour élire le politicien de l’année.  Ce n’est donc pas un jury professionel issu des médias ou du monde politique qui élit le lauréat, mais le public.

Cette année, pour la troisième fois, le public a plébiscité le populiste Geert Wilders.  Il se place en tête avec 25 % des 37.000 voix, tandis que le deuxième remporte 14 % des votes.  Soit près de la moitié.

Geert Wilders Politicien de l'année - capture d'écran

Geert Wilders, leader de la droite populiste néerlandaise

Petit bémol, les jeunes ont voté majoritairement pour un élu vert, Jesse Klaver.   Mais pour eux, Geert Wilders est le numéro deux.

Imaginez une seconde Marine Le Pen plébiscitée par le public d’une émission de grande audience ?   C’est ce qui vient de se passer aux Pays-Bas pour un politicien dont le programme n’a rien à envier à celui du Front National.  Un politicien que les médias, comme englués dans un éternel présent, prétendait mort suite aux désastreuses élections européennes.

Mais les réfugiés et les attentats européens ont relancé la popularité de Wilders et redonné un vernis de légitimité à son parti comme à d’autres en Europe.

Des partis enracinés dans le paysage, et pour longtemps

Les élections régionales françaises ont montré à quel point le Front National s’est enraciné dans la vie politique du pays, entraînant les autres formations à promouvoir ses idées, voire à les mettre en place : je pense, notamment, à la déchéance de nationalité promise aux binationaux condamnés, idée que même la droite aurait hésité à mettre en oeuvre.

Mais le FN s’est aussi enraciné dans sa vie sociale, avec ses millions de chômeurs qui n’espèrent plus rien de lendemains qui déchantent.  Dans sa vie intellectuelle, avec des « penseurs » hier de gauche qui aujourd’hui flirtent avec des idées naguère méprisée.  Dans sa vie religieuse avec le rejet d’une partie importante de la population française stigmatisée comme « musulmane » remplaçant le racisme anti-arabe d’hier.

Au lendemain des élections françaises, ils étaient nombreux les politiciens « traditionnels » (on ne sait plus comment les appeler tant ils se distinguent de moins en moins de leurs concurrents) à parler de « victoire à la Pyrrhus« , de situation grave, etc.

Mais dans les faits, combien seront ceux qui s’engageront dans les réformes nécessaires ?  Combien écouteront les inquiétudes, les peurs, les angoisses de leurs électeurs ?  Combien leur proposeront des solutions alternatives courageuses.  Des alternatives qui répondent vraiment à la complexité du monde d’aujourd’hui.  Et non pas des réponses simplistes pour récupérer au plus vite les voix qui se sont égarées dans des partis dont on peut croire qu’ils sont installés pour longtemps.   Hélas.

 
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Publié par le 15/12/2015 dans PVV, Uncategorized

 

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Islamistes versus populistes : la Belgique sous tension !

Le dimanche 17 juin, le PP appelait à une grande manifestation « contre le fascisme vert ».  Le parti populiste belge francophone ne s’en prenait pas aux partisans de l’écologie profonde, mais bien à l’islamisme radical.  Des bannières « Musulmans intégrés : bienvenue ! Musulmans intégristes : dehors ! » témoignaient d’un récent lissage de la pensée du parti à l’égard de l’immigration.

Ils étaient une cinquantaine de militants et sympathisants à défiler depuis la Place Royale.  Mais, les « musulmans modérés » invités à montrer leur soutien au parti brillaient par leur absence.  Ils organiseront leur propre manifestation dans les prochains jours.  Par contre, une quarantaine de membres du groupe de droite radicale Nation s’était intégrés au défilé.  Au grand regret de Mishaël Modrikamen, le président qui, s’il ne cache pas son admiration pour Marine Le Pen et Geert Wilders, tient à se démarquer de l’image d’extrême-droite accolée à sa formation politique.

 Le cortège, encadré par un important cordon policier s’est déroulé dans le calme.  Par contre, la police a durement réprimé la contremanifestation organisée par les jeunes syndicalistes chrétiens de la CSC et socialistes de la FGTB.  Les policiers ont pourchassé les jeunes dans le métro avec une brutalité que dénoncent les organisations syndicales.

Interpellation d’une burqa belge

C’est l’interpellation de Stéphanie Djato, jeune femme belge revêtue du niqab, le voile intégral, dans la commune bruxelloise de Molenbeek, le 31 mai dernier qui a enclenché la série d’événements qui ont conduit à cette manifestation.

Alors qu’elle faisait l’objet d’un contrôle policier près d’un arrêt de tram, la situation a dégénéré.  Elle a dû être transportée à l’hôpital suite à une commotion cérébrale alors qu’une policière a eu le nez cassé.

Le soir même, une centaine de personnes encerclaient le commissariat de cette commune où réside une importante population d’origine magrébine.  Philippe Moureaux, le bourgmestre (maire, NDLR)  de Molenbeek a tenté en vain de calmer la foule et a dû recourir à la force policière en dernier ressort.  Les émeutes dureront toute la journée du lendemain.

Belkacem, ennemi public numéro un

Stéphanie Djato, belge convertie à l’islam est proche d’un groupe musulman radical : Sharia4Belgium.  Le porte-parole de ce groupuscule, Fouad Belkacem est un garagiste originaire de Boom, en Flandre.  Connu pour ses positions radicales et ses déclarations fracassantes, il s’est emparé de ce cas pour organiser, le 2 juin dernier,  une de ces conférences de presse surréalistes dont il a le secret.

Le garagiste extrémiste, sous le coup de plusieurs condamnations – 25, dont 21 pour infractions diverses au code de la route –  a été arrêté et est maintenu en détention depuis.  Il est question de lui retirer la nationalité belge.

Cette arrestation a suscité la polémique, les critiques reprochant à Madame Turtelboom, Ministre de la Justice, de faire une exception pour l’islamiste d’origine marocaine, mais  « né  et radicalisé ici ».  Les personnes condamnées à moins de trois ans de prison ne sont habituellement pas détenues, mais, au maximum, doivent porter un bracelet électronique.

Un agresseur venu de Paris

Ce qui aurait pu rester une histoire belgo-belge a pris une dimension européenne avec l’arrivée à Bruxelles le 8 juin d’un illuminé français : Brahim Bahrir.  Ce jeune homme de 34 ans, était déjà venu à Bruxelles le 1er juin afin de soutenir Stéphanie Djato.

Ce 8 juin, il vient venger les musulmans.  Il porte un couteau de cuisine emballé dans un sac plastique.  C’est avec cette arme rudimentaire qu’il blesse deux policiers, Kevin et Yasmina, à la station de métro bruxelloise de Beekkant.

Ironie du sort, la policière blessée, Yasmina, est elle aussi de confession musulmane.  Mais pour Brahim, « un policier musulman n’est pas un musulman » tandis que pour la sœur de Yasmina, un agresseur ne peut pas se revendiquer de l’islam.

Brahim Brahir justifie son acte par la présence des armées occidentales en Afghanistan et par la loi anti-burqa en Belgique.

Il semble bien qu’il soit isolé, qu’il n’appartienne à aucune organisation.  Tout comme Breivik, c’est  un esprit confus qui s’est emparé d’idées meurtrières et les a mises en action.

La récupération sécuritaire

Toute cette agitation autour de quelques extrémistes islamistes ne pouvait que faire l’objet d’une récupération par les populistes.  A son habitude, le Vlaams Belang, parti d’extrême-droite flamand, n’a pas perdu l’occasion de stigmatiser l’autre et de susciter la haine par une campagne intitulée « Sans pardon » et qui prône, entre autres mesures, la reconduite des criminels étrangers dans leur pays d’origine.  Tandis que le Parti Populaire, lui,  se mobilise contre le « fascisme vert ».  Un label fasciste  qu’il refuse pour lui-même – à raison – mais qu’il accorde généreusement aux autres – à tort…

Mais la Belgique est en campagne électorale.  Les élections communales – (municipales, NDLR)  – auront lieu en octobre prochain.  Et les partis démocratiques, MR – libéraux francophones –  en tête  y vont aussi de leur couplet sécuritaire, de peur d’abandonner des voix au nouveau venu.   Selon le même mécanisme qui a vu les partis de France et des Pays-Bas s’engouffrer dans la surenchère xénophobe pour contrer qui le FN, qui le PVV.  Avec pour résultat dans les deux cas de renforcer l’électorat populiste…

Le premier ministre, Elio Di Rupo, a convoqué une réunion d’urgence pour renforcer la sécurité dans les ville.   Vincent Wolf, bourgmestre d’Etterbeek – commune bruxelloise où Sharia4Belgium avait pourtant eu l’autorisation de manifester quelques semaines plus tôt – réclamait, lui, l’application d’un plan Vigipirate à la française…  Au cours de l’émission Mise au Point de la RTBF, il prônait l’exception aux règles d’austérité du gouvernement belge en faveur de la sécurité.

Le ministre des Entreprises, le socialiste Paul Magnette appelle à ne pas tomber dans la surenchère électorale.   Mais il est bien seul…

L’abandon de la loi antiburqa ?

Ce pourrait bien être la bonne nouvelle de cet imbroglio : finalement, le monde politique lui-même commence à s’interroger sur le bien-fondé de la loi anti-burqa.  Et se demande si cette loi n’a pas été votée trop vite, en l’absence de débat de fond.

La loi contre le voile intégral serait contreproductive et aurait pour résultat final d’exacerber les tensions entre composantes de la société belge.

Pour Brigitte Maréchal, directrice du Centre d’études de l’islam de l’Université Catholique de Louvain, « il y a un relatif malaise entre musulmans et non-musulmans car il y a une peur d’extrémisation de part et d’autre.  Peur de la part des musulmans de voir l’extrême-droite devenir de plus en plus importante.  On ne peut pas le négliger.  Peur de la part des non-musulmans que les musulmans deviennent de plus en plus radicaux d’un point de vue religieux. Et je crois que le gros problème, c’est que chacun a peur que l’autre ne nous permette pas d’être ce qu’on a envie d’être chacun : soi-même. »

C’est bien cette montée parallèle des extrémismes qui est inquiétante : d’un côté le radicalisme religieux et communautariste, de l’autre, le rejet de l’étranger, de tout ce qui échappe à un ensemble de « valeurs européennes » définies étroitement selon les intérêts de groupes particuliers.  Chacun prétendant parler au nom de l’ensemble de la population.  Le fameux « nous disons tout haut ce que tout le monde pense tout bas. »

Il ne peut résulter de cette agitation qu’une polarisation extrême de la société belge.  Une division de chacun contre tous comme celle qui, avec quelques années d’avance, prédomine actuellement aux Pays-Bas.  C’est le « vivre ensemble » qui en serait la première victime, c’est-à-dire tout le monde…

 

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Les mutations des droites radicales vues par Stéphane François

Stéphane François observe depuis de longues années l’évolution des mouvements d’extrême-droite.

Dans une interview parue dans l’Express, il explique les mutations des droites radicales ces dernières années et l’évolution de la pensée du GRECE sur le populisme européen.

Les jeunes générations se démarquent de l’héritage des aînés, l’antisémitisme des groupuscules traditionnels cède la place à une islamophobie « culturelle », axée sur la différence des valeurs plutôt que sur celle des races.

En outre, on trouve parmi les programmes de ces mouvements des valeurs et des propositions politiques issues tant de la droite que de la gauche « classiques ».  La vieille grille d’analyse « droite-gauche » devient donc sinon obsolète, du moins très incomplète pour expliquer le positionnement de ces partis dans le paysage politique européen.

Fini donc l’épouvantail hitlérien et les vieilles lunes antisémites.  Le facho de base cède la place au militant populiste.  La démocratie gagne-t-elle au change ?  L’avenir nous dira si ces évolutions – réelles et non pas de façade comme s’obstinent à le croire certains politologues, en particulier en France – conduiront à une « normalisation »  ou à une radicalisation de ces formations politiques inédites.

Un excellent article de l’Express comme on aimerait en lire plus souvent.

 

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Manifestation d’extrême-droite à Bruxelles le 11 mars

Le mouvement d’extrême-droite Nation organise une manifestation le 11 mars prochain, à Bruxelles.  Une manifestation raciste, islamophobe et néo-nazie.  Une manifestation NON autorisée par la ville de Bruxelles…

Nation est un mouvement d’extrême-droite belge.  Créé par Hervé van Laethem, qui fut le dernier « lieutenant » de Léon Degrelle, en septembre 1999.

Sa progression à Charleroi et Liège est inquiétante, surtout parmi les jeunes.  Il se distingue par une organisation paramilitaire et se déplace volontiers pour donner un « coup de main » aux collègues français comme lors de la manifestation d’extrême-droite de Lille, en décembre dernier.  Il a également organisé quelques opérations de communication très efficaces dans la région de Charleroi, comme une parodie de collecte pour aider nos « pauvres ministres ».  Il se préparerait à une liste commune avec le FN pour les élections communales d’octobre.

L’idéologie de Nation ne fait aucun doute : islamophobe, raciste et néo-nazie, même si ses membres se défendent d’être de gauche ou de droite.  Une recette aussi vieille que l’extrême-droite elle-même.

Une manifestation raciste autorisée par la Ville de Bruxelles ?

Hier, mercredi 7 mars, Nation tenait une conférence de presse.  Le mouvement s’apprête à célébrer l’anniversaire des attentats de Madrid, attentats islamistes qui ont fait près de 200 morts et 1400 blessés.

Il organise une manifestation « qui dénonce tous les terrorismes« .  Non seulement le terrorisme islamiste, mais aussi le terrorisme de gauche qui « actuellement est en train de sévir en Grèce, par exemple. »  Mais aussi le « cordon sanitaire » qui constitue un « terrorisme intellectuel« .  Un terrorisme auquel participent les journalistes, « valets de l’empire ».

La Ville de Bruxelles dément avoir autorisé cette manifestation, contrairement à ce que prétendent les intervenants de cette conférence de presse un peu particulière.  
 
« Je tiens à vous préciser qu’en aucun cas je n’ai autorisé une manifestation du mouvement Nation ce dimanche, et que telle n’est pas mon intention, » annonce Freddy Thielemans, bourgmestre de Bruxelles.
 

Une manifestation néo-nazie autorisée au coeur de l’Europe ?  Avec, à en croire les « orateurs » de cette conférence de presse, la participation d’autres nazis européens ?  On peut d’ailleurs voir aux côté du secrétaire national du mouvement, Serge Ayoub, le fondateur du Local et du parti « solidariste » Troisième Voie, proche d’Alain Soral,  ainsi que le coordinateur de la Maison Flamande de Lille.

L’Europe rêvée par Hitler défilant au nez et à la barbe de l’Union européenne ?  Alors que cette dernière se débat dans une crise financière sans précédent, ce serait un symbole particulièrement inquiétant…

 Updatela Ville de Bruxelles n’a pas autorisé la manifestation, vendredi 9 mars à 15h55.

 
 

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Geert Wilders dénoncé comme « néonazi » par le gouvernement allemand

Une brochure émise par le gouvernement allemand traite Geert Wilders, le président du Parti de la Liberté, de « substrat » néonazi.

Geert Wilders ne décolère pas : une brochure d’information sur l’extrême-droite émise par le gouvernement allemand le dépeint comme un « substrat du néonazisme« .  La ministre de la justice va même plus loin : elle estime que ce type de discours nourrit l’idéologie de  « cellules meurtrières comme celle de Zwickau », cette cellule néonazie clandestine, auteure de plusieurs meurtres.

Alors qu’aux Pays-Bas, il jouit d’une image de respectabilité et peut siéger au sein du parlement, il n’en va visiblement pas de même en Allemagne où il se voit traiter de la même manière que Théo Sarrazin – l’auteur d’un ouvrage xénophobe – ou que le FPÖ, parti néonazi autrichien.

Vous pouvez lire et télécharger le document PDF ici-même.  Les références à Geert Wilders se trouvent pages 19 et 23.

Ce qui lui est reproché, c’est son islamophobie, perçue outre-Rhin comme une incitation à la haine raciale, même si le leader populiste a été blanchi de cette accusation, lors de son procès en juin dernier.

Wilders, à son habitude, a réagi uniquement sur Twitter : il suggère qu’on rappelle l’ambassadeur allemand aux Pays-Bas et qu’on « lui frotte durement les oreilles pour ces scandaleuses suggestions sur la pensée du PVV« .

Il est vrai qu’entre l’Allemagne et la famille Wilders, il s’agit d’une vieille histoire de haine :  le père du politicien populiste y avait été déporté comme travailleur forcé lors de la seconde guerre mondiale.  Et alors qu’il résidait à Venlo, à la frontière allemande, il a toujours refusé d’y remettre les pieds depuis…

 
 

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Les populistes n’ont plus la cote aux Pays-Bas !

Coup de tonnerre dans le paysage politique néerlandais : le SP gagne 7 sièges et devient le premier parti des Pays-Bas.  Sept sièges perdus par le PVV de Geert Wilders ?

C’est une première dans l’histoire des Pays-Bas : le SP (parti socialiste néerlandais) deviendrait le premier parti du pays en nombre de sièges.

C’est un sondage de l’institut Maurice de Hond qui le révèle : le SP gagne 7 sièges et passe ainsi à 32, devenant le premier parti néerlandais devant le VVD, le parti libéral au pouvoir.

Infographie M. Bertolini

Ces 7 sièges, c’est exactement le nombre qu’a perdu le PVV, parti de la liberté, du populiste Geert Wilders.  Selon Emile Roemer, leader du parti socialiste, les votes populaires qui étaient allés au PVV reviennent à leur parti « naturel », le parti socialiste.

« Le PVV a trahi une promesse électorale après l’autre », déclare Roemer.  Il est donc normal selon lui que les électeurs se détachent du parti populiste pour revenir dans un parti de gauche.  Roemer se dit prêt à entrer dans le prochain gouvernement.   Quant à la coalition actuelle, elle ne dispose plus de la courte majorité que le soutien du PVV lui apportait au parlement.

Infographie M. Bertolini

En effet, sur les 150 sièges que compte le Parlement néerlandais, la coalition libérale (VVD) et chrétienne (CDA) soutenue par le PVV (populistes) en avait décroché 76.  Mais avec les pertes cumulées des coalisés, (- 2 pour le VVD, – 9 pour les chrétiens et – 7 pour le PVV), elle se retrouve à 62 sièges.

S’il devait y avoir des élections aujourd’hui, cette coalition n’a plus aucune chance.

Les populistes déjà usés par le pouvoir ?

Si les populistes de Geert Wilders comptaient sur leur politique de soutien hors du gouvernement pour contrer l’usure du pouvoir, ils se sont bien trompés : à un peu plus d’un an des élections de 2010, leur électorat les boude déjà.

Les coupes budgétaires dans le domaine social et l’influence jugée insuffisante par ses troupes du PVV en matière d’immigration ont déçu un électorat surtout motivé par le changement.  Les attaques récentes contre la reine et de la princesse Maxima qui ont porté le voile lors d’une visite officielle d’une mosquée du Moyen Orient ont sans doute achevé la cassure entre « le peuple » et ceux qui se vantaient de lui rendre le pouvoir…

 
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Publié par le 23/01/2012 dans Pays-Bas, PVV

 

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A Liège, une manifestation citoyenne pilotée par l’extrême-droite

Un groupe intitulé Vigies et qui se déclare « apolitique » se révèle pour le moins abriter une forte proportion d’extrêmistes de droite.

Organisé par Dany Simal, un dissident du Parti Populaire (PP) de Mischaël Modrikamen, le groupe Vigies se présente comme « apolitique », un rassemblement de citoyens ulcérés par la « marche blanche » organisée par des proches d’un braqueur abattu pendant un cambriolage.

Rassemblement Vigies à Liège

Le déroulement même de l’événement dévoile sa vrai nature : une manifestation pilotée par des membres d’un parti populiste et des groupes extrêmistes de droite.

Un article publié sur MyEurop.info.

 
 

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Le VVD de La Haye veut supprimer l’aide sociale aux manifestants d’Occupy

Des « manifestants professionnels ».  « Celui qui peut camper des semaines dans le froid, peut aussi gagner sa tartine ».  « Il faut leur retirer l’aide sociale ».

C’est dans ces termes que n’aurait pas renié Geert Wilders dans ses pires moment d’emphase populiste que s’est exprimé Monsieur Boudewijn Revis, le président de la section du VVD (parti libéral) de La Haye.

Ces manifestants professionnels qui attirent la rage du « Néerlandais qui travaille durement » ce sont les jeunes – et les moins jeunes – d’Occupy.

Ils ont résisté au démantèlement de leur campement et d’une baraque en préfabriqué qui leur servait de centre de communication.  L’un d’eux a traité les policiers qui les menaçaient de « membre de la Gestapo »…

Mais ce qui choque tant les tenants du libéralisme sauce hollandaise, c’est qu’ils occupent le Malieveld, une vaste zone verte d’Amsterdam qui accueille habituellement les chapiteaux des cirques.

Malieveld - La Haye

Si les activistes d’Occupy font moins rire Monsieur Revis que les clowns des cirques, c’est parce qu’ils sont de dangereux parasites.  « Celui qui veut camper jour et nuit peuvent bien sûr le faire, mais pas aux frais du contribuable », martèle-t-il au journaliste d’Algemene Dagblad.

« Beaucoup de ces activistes reçoivent l’aide sociale.  Ceux qui travaillent n’ont pas le temps de s’assoir sur le Malieveld pendant des semaines ».

Il a donc demandé à la municipalité d’envoyer des « inspecteurs » vérifier si les activistes bénéficiaient bien d’une aide sociale, auquel cas, il demande qu’elle soit supprimée.

La section nationale du VVD (Vokspartij voor Vrijheid en Democratie – parti populaire pour la liberté et la démocratie) soutient la section de La Haye.  « Les gens peuvent naturellement manifester » assure M. Azmani.  Ce membre du parlement siège notamment dans les commissions « affaires sociales » et « intégration et immigration »… Cela fait un peu peur, non ?

« Mais », conclut-il, « s’ils ont une aide sociale, ils doivent être disponibles sur le marché du travail.  Je soutiendrai auprès des communes la suppression de l’aide sociale pour les manifestants.  Il y a plein de travail dans le port de Rotterdam et dans le Westland ».  Le Westland est une région du sud de la province de Hollande, riche en serres.

Serres du Westland

Attention, M. Wilders : si vous n’êtes pas vigilant, vous allez vous faire dépasser sur la droite par vos anciens collègues du VVD !

C’est l’une des propriétés les plus néfastes des partis populistes : ils tirent toute la politique vers la droite la plus extrême.  Pour récupérer des voix, les partis « traditionnels » reprennent les thèmes et les thèses de leurs rivaux populistes

Mais comme le disait Jean-Marie Le Pen, qui en connaissait un bout sur la question : « les Français préfèrent l’original à la copie ».

Les Néerlandais aussi, malheureusement.  Le PVV – parti de la liberté – de Monsieur Wilders vient de reprendre trois sièges dans les sondages.  Il vient de proposer la suppression de l’aide au développement.  Le CDA – union chrétienne – vient de perdre un nouveau siège pour s’y être opposée.

Là où le populisme prospère, la solidarité disparaît à grande vitesse…  Pensez-y lors de vos prochaines élections, où que ce soit en Europe !

 

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Les origines du populisme selon Hans Wansink

D’où vient le populisme ?  Pourquoi, au milieu des années 90 du siècle dernier, apparaissent en Europe divers mouvements que l’on peut qualifier de populisme ?

Il existe divers modèles qui tentent d’expliquer les origines du populisme.  Je vous présente aujourd’hui un modèle inspiré du livre de Hans Wansink, L’Héritage de Pim Fortuyn.  C’est un modèle qui contient quatre explications comme vous le montre la carte heuristique ci-dessous :

Cliquez pour agrandir

La première explication est celle de l’électeur manipulé : il est sous l’influence d’un leader charismatique.  C’est l’ère de la médiacratie : les hommes de médias, ceux qui sont experts en utilisation de la télévision ou de la radio, l’emportent sur les autres.  C’est la théorie de « l’homme des masses » du philosophe espagnol Ortega y Gasset.  Paradoxalement, les intellectuels de gauche en viennent à mépriser la culture populaire et se coupent du public.

Ensuite, vient la théorie de l’électeur calculateur : ce dernier explore le marché électoral pour voir ce qu’il peut y acheter, ce qui correspond le mieux à ses priorités politiques. Cela peut-être le chômage mais aussi le problèmes des embouteillages sur les autoroutes…  Il est donc indépendant des partis politiques et très critiques à leur égard.  Il n’est pas fidèle à un parti ou un mouvement : si celui-ci ne lui offre pas ce qu’il désire, il va voir ailleurs.  Le produit politique proposé doit être extérieur aux institutions existantes et proposer une alternative aux partis traditionnels.

La troisième est celle de l‘électeur non-reconnu : électeur, il ne se sent membre d’aucun parti.  Travailleur, il se sent exclu du marché du travail par la mondialisation. Contribuable, il a l’impression de payer beaucoup de taxes pour recevoir peu de l’état en échange.  Bref, une cible idéale pour tous les partis qui présentent une « solution alternative ».

Et enfin, la quatrième explication, est celle de l’électeur méfiant : il y a un conflit de valeurs entre les politiciens et leurs électeurs.  Les partis et mouvements populistes en profitent pour se positionner comme opposition à l’ordre établi : c’est la « clique de La Haye » dans les discours de Geert Wilders ou la « Rome grosse voleuse » d’Umberto Bossi, de la Ligue du Nord.   Les populistes exploitent cette opposition entre insiders – ceux qui sont bien intégrés, occupent des positions favorables – et les outsiders – les laissés pour compte, ceux qui se sentent de plus en plus menacés par la modernité.

Hans Wansink – dans son livre qui date de 2004 – estime que c’est surtout cette dernière explication qui prévaut dans la situation des Pays-Bas.  Mais je crois qu’on peut considérer que, dans tout phénomène d’apparition du populisme, il se trouve des éléments des quatres explications.  Sans doute dans des proportions variables selon les circonstances locales.

Et vous ?  Qu’en pensez-vous ?

D’après Hans Wansink, De Erfenis van Pim Fortuyn, De Nederlandse democratie na de opstand van de kiezers, Amsterdam, Meulenhoff, 2004, 351 p.

 
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Publié par le 14/11/2011 dans Théorie

 

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Les deux France de Marine Le Pen

Les jeunes du FNJ viennent de dévoiler la première affiche de la campagne présidentielle à l’attention des « jeunes patriotes ».  Une affiche toute en oppositions qui risque de faire mal auprès d’une jeunesse familière du tout blanc ou tout noir véhiculé par les médias.

Elle n’a pas fait dans le détail, la nouvelle présidente du FN.  La première affiche de la « campagne de jeunesse patriote » a été dévoilée par le FNJ, la section jeunesse du Front National.

Une affiche coupée en deux – comme la France selon le parti populiste : à gauche, comme par hasard, une vision apocalyptique.  La France en feu, sous l’agression des hordes barbares.  Des barbares sans visage, mais portant la casquette à longue visière typique des jeunes de banlieue.  Un sac posé sur le banc souligne le déracinement, l’absence d’attachement au territoire :  c’est une France composée de bandes nomades, en transition sur le sol national.  La position du jeune est celle du désespoir, du « no future » que braillaient les groupes punk alors entre deux crises économiques.

A droite – ben, tiens ! – une France toute en lumière.  Un jeune couple aux traits caucasiens, comme auraient dit les théoriciens de la race il y a quelques décennie. Le décor, ici, est celui d’une France rurale, où il fait bon vivre, où les gens font leurs emplettes au marché et non pas dans l’un de ces supermarchés anonymes où l’on croise les jeunes des cités.  Une France qui sent bon la guinguette et les flonflons du 14 juillet.  Une France largement fantasmée, qui fleure le terroir et l’enracinement dans une histoire millénaire, une France de villages et de clochers.  Une France de Clochemerle. Une France où les personnes âgées peuvent marcher sans crainte entre les bacs de géraniums.

En bas, le slogan : « choisis ta France ».  Comment hésiter une seconde entre le chaos cosmopolite et la douce vie à la Française ?

Le slogan est lourd, les oppositions – noir-blanc, nomade-sédentaire, anonyme-visage souriant, banlieue-village champêtre, etc. – sont tellement grotesques qu’on doute qu’elles puissent tromper qui que ce soit…

Et pourtant…  Ca marche.  Les commentaires vont déjà bon train sur la page Facebook Les Jeunes avec Marine.  Et cette affiche simpliste, manichéenne risque de faire mal au sein d’une jeunesse habituée aux oppositions binaires des médias.  A une jeunesse qui « shoote » les ennemis bronzés dans des jeux vidéos guerriers.  Des jeux et des médias où « si tu n’est pas avec moi, c’est que tu es contre moi« .

Et surtout, l’Europe qui sombre pèse lourdement sur l’avenir des tous les jeunes.  Qui sait si, comme leurs aînées des années 1930, ils ne vont pas chercher la consolation et les compensations dans les politiques extrêmes ?

 

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